La nouvelle série documentaire de Balanga, Dolorès : la malédiction du pull over rouge, offre la preuve définitive que la réalité est souvent bien plus terrifiante que n’importe quelle fiction. La série en quatre parties retrace l’histoire d’un tueur, Jean Baptiste Rambla, explorant l’impact que le fait d’être témoin de l’enlèvement de sa propre sœur a eu sur sa psyché et posant la question brûlante : ce qu’il a vu l’a-t-il transformé en meurtrier de sang-froid ? Géraldine Levasseur, productrice chez Giraf Production, et Christophe Bochnacki, distributeur chez Balanga, évoquent la singularité et l’internationalité du projet.

L’ interview

Unifrance : Dolorès : la malédiction du pull-over rouge raconte l’histoire vraie d’un fait divers… pourquoi avoir choisi de porter à l’écran ce fait divers français des années 70 ?

Géraldine Levasseur

Géraldine Levasseur : Parce qu’il est incroyable! La plupart des gens se souviennent de Christian Ranucci. Peu connaissent le nom de Marie Dolorès Rambla, la fillette enlevée et tuée par Christian Ranucci en 1974, crime pour lequel il a été jugé et exécuté. C’est saisissant de constater à ce point l’oubli d’une victime. Dans cette affaire, il y a surtout le petit frère de Marie Dolorès, Jean Baptiste qui fut le seul témoin de l’enlèvement dont l’ensemble de la société fit très peu de cas à l’époque. Entendu par la police, interviewé par des journalistes comme s’il était un adulte alors qu’il n’avait que 6 ans à l’époque des faits, il est en fait une seconde victime. Adulte, il deviendra un assassin, un homme terrifiant et monstrueux. Il ne s’agit pas d’excuser les meurtres de femmes qu’il a commis mais de comprendre le déterminisme de Jean Baptiste Rambla : serait-il devenu un assassin si sa soeur n’avait pas été enlevée? 

Enfin, cette histoire trouve son épilogue en décembre 2020, date à laquelle Jean Baptiste Rambla a été jugé et condamné à la reclusion criminelle à perpétuité. 

Unifrance : C’est une série documentaire, pourquoi avoir choisi le format de 4 x 52’ ?

Géraldine Levasseur : Cette affaire commence en 1974 lorsque Christian Ranucci arrive à l’hotel de police de Marseille et avoue le meurtre de Marie Dolorès. C’est inouï d’imaginer que 30 ans plus tard, le frère de Marie Dolorès va emprunter le même couloir du même hôtel de police et  avouer le meurtre d’une femme. Le frère d’une victime qui devient lui-même un assassin, c’est une histoire unique dans les annales judiciaires. La matière est riche et les rebondissements très nombreux.  4 épisodes de 52′ était un format minimum, nous aurions pu aller au-delà car ce fait divers est aussi un fait de société. Il retrace 46 ans d’histoire juridique, judiciaire, politique, sociétale française. Derrière l’enlèvement de Marie Dolorès Rambla se glisse le débat sur l’abolition de la peine de mort. 

Unifrance : Pourquoi avoir choisi de présenter cette série sur le marché international ?

Christophe Bochnacki

Christophe Bochnacki : Cette mini-série contient tous les ingrédients pour captiver un public international. L’histoire est dingue et se déroule sur presque un demi-siècle. La narration emprunte aux codes de la fiction (cliffhangers, twists, récit feuilletonnant…). Le réalisateur et le directeur photographie viennent du cinéma. Enfin, la série propose des archives rares, des témoignages très forts de gens qui ont été impliqués dans cette affaire, et des parties de fiction (en moyenne 15 min/épisode).  

Unifrance : Comment expliquez-vous le succès des faits divers français sur le marché international ?

Christophe Bochnacki : Le fait divers est un genre universel qu’il soit français, américain ou autre. Le public international est fasciné par les meurtriers. C’est vrai que très souvent les histoires sont incroyables, et la réalité dépasse la fiction. Avec le succès de ce type de séries sur les plateformes le genre s’est démocratisé. Il a gagné ces lettres de noblesse grace à un storytelling inspiré par l’écriture fictionnelle, la réalisation très soignée, et souvent des images d’archives fabuleux. Dolorès : la malédiction du pull-over rouge en est un parfait exemple

Unifrance : Vous venez de participer au mipcom avec UniFrance où vous avez présenté Dolorès lors du I love French docs. Quels ont été les retours de cette première exposition ?

Christophe Bochnacki : L’accueil a été très enthousiaste, j’ai même entendu les applaudissements après la présentation du teaser. Nous avons été approchés par plusieurs diffuseurs en Allemagne, Espagne, Scandinavie, et une plateforme US.